« LA BATAILLE DE FONTENOY

« …Dans le cadre de la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), les territoires belges, appartenant alors à la maison d’Autriche, furent envahis en 1744 par les forces françaises qui conquirent Menin, Ypres, La Kenokke et Furnes. »
Déclenchant une nouvelle offensive en mai 1745, les troupes du roi Louis XV vinrent assiéger Tournai, important verrou de la vallée de l’Escaut, défendue par une garnison hollandaise. Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, la tranchée fut ouverte devant la porte des Sept-Fontaines. S’étant rassemblée à Bruxelles à la fin du mois d’avril, une armée de secours, groupant des contingents hollandais, britanniques, hanovriens et autrichiens, prit la route pour libérer la ville assiégée. Dirigées par William Augustus, duc de Cumberland (1721-1765), par le maréchal autrichien Königsegg et par le prince de Waldeck, les forces alliées arrivèrent en vue des Français dans l’après-midi du 9 mai. Après s’être emparé sans grande difficulté de Vezon et des hameaux de Bourgeon et de Vezonchaux dans la journée du 10, les alliés s’apprêtèrent à livrer bataille. C’était cependant compter sans l’intelligence et le génie du maréchal Maurice de Saxe (1696-1750), commandant les forces françaises, qui avait pris d’ingénieuses dispositions.
Dès l’apparition de l’ennemi sur son flanc droit, Saxe fit aussitôt rabattre une grande partie de ses effectifs vers la zone Antoing-Fontenoy-Gaurain. Au cours de la soirée du 10 mai, trois dernières redoutes, établies entre Antoing et Fontenoy, verrouillèrent définitivement les positions françaises…
La bataille de Fontenoy eut lieu le mardi 11 mai 1745 de cinq heures du matin à deux heures de l’après-midi. Débouchant à la faveur d’une légère brume face à Fontenoy et à Antoing, les forces hollandaises de Waldeck furent mises en déroute à deux reprises par les artilleurs français d’Antoing, de Fontenoy et du moulin de Bruyelle. Plongés dans le chaos et démoralisés, les Hollandais restèrent dès lors passifs. Lançant ses bataillons, Cumberland tenta alors de percer les lignes françaises par le nord du village de Fontenoy. Avec un extraordinaire courage les bataillons anglo-hanovriens abordèrent la première ligne française vers les 11 heures du matin. Ce fut le moment légendaire des paroles du comte d’Anterroches ; « Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers ; tirez vous-même ! ». Culbutant les rangs français, les tuniques rouges s’avancèrent sur la plaine de Fontenoy. Attaqués par les troupes du maréchal de Saxe, les soldats de Cumberland formèrent un rectangle défensif fermé de trois côtés ; la fameuse colonne de Fontenoy. Harcelés par les bataillons français et irlandais, chargés par la cavalerie, les Britanniques restèrent inébranlables jusqu’au moment où arrivèrent enfin les réserves françaises, menées par Lowendal. Délaissé par les Hollandais, Cumberland n’eut plus d’autre choix que le repli. Au cours de la lutte, le sergent Wheelock, du régiment irlandais de Bulkeley, devait s’emparer du seul drapeau conquis par l’armée française, celui du 2e régiment des Gardes anglaises. Le combat se termina vers les deux heures de l’après-midi. Les pertes avaient été terribles : quelque 5.000 morts, 9.000 blessés et 2.000 chevaux tués, blessés ou disparus…

Combattant dans les troupes du roi, la brigade irlandaise, formée des régiments de Clare, Dillon, Bulkeley, Roth, Berwick et Lally s’étaient particulièrement distinguées face aux anglais et comptait 657 hommes tués ou blessés. Dans la cavalerie, le régiment irlandais de Fitz-james avait perdu la moitié de ses escadrons. En 1907, une magnifique croix irlandaise fut érigée en leur mémoire au centre de Fontenoy…
La victoire française de Fontenoy allait permettre la conquête de la ville de Tournai et serait célébrée comme l’un des plus hauts faits d’armes de l’histoire de France.
Illustre unité irlandaise le régiment de Dillon devait particulièrement se distinguer au service des rois de France de 1691 à 1791 et portait le nom d’une des plus illustres familles d’Irlande. De Crémone (1702) à Fontenoy (1745), Lawfeld (1747) et Saint-Christopher (1782), il se couvrit de gloire. Le 11 mai 1745, à Fontenoy, il était commandé par le colonel Jacques Dillon, Chevalier de Malte, qui y fut mortellement touché. Au cours du combat, le régiment de Dillon subit une perte de 136 tués et blessés, soit 19% de ses effectifs.

Alain Tripnaux

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